L'autrice avant moi

J’ai grandi dans la méritocratie. « Fais des efforts, et ils seront récompensés. » C’est ce que j’écrivais dans une newsletter sur les idées reçues qui sacralisent l’écriture créative (mais, en fait, c’est beaucoup plus simple – sauf dans ma tête à l’évidence).

J’ai grandi avec la notion de récompenses. Si je faisais tout comme il le fallait, normalement, j’échappais aux réprimandes et aux punitions. Je décrochais même de bonnes notes et des avis favorables dans mes bulletins. Et peut-être que j’étais bien vue, une élève polie, bien élevée... qui ne déçoit pas.

J’avais cette peur de décevoir mes parents. Je crois qu’il n’y avait rien de pire que de « faire de travers » et ne pas obtenir ma récompense, de ne pas recevoir cette gratification à travers un regard ou un mot empli de fierté. Dans ma famille, on ne déçoit pas la main qui nous nourrit.

Je suis fille d’ouvriers. Ma mère a travaillé dans le textile, une grande industrie du Nord avec la métallurgie, la mine et le sucre. Mon père, lui, a été pâtissier, carreleur, maçon, ouvrier d’usine. C’était une époque où, ici, on idéalisait l’image du patron ; on éprouvait une sorte de tendresse pour lui. Une époque où, aussi, l’on se battait pour améliorer ses conditions de travail et de vie.

Des efforts, donc. Dans l’espoir de devenir meilleure, plus douée, et, par extension, le début du ratio entre le temps travaillé et la qualité du travail fourni. Dans ma tête, c’était logique : un devoir qui prend peu de temps est forcément bâclé.

L’autrice qui occupait cet espace avant moi multipliait les heures d’écriture pour se justifier de travailler à la maison. Il est, en effet, bien connu que les auteurs, les artistes ne travaillent pas pour de vrai, que nos journées se composent essentiellement de vide intersidéral.

Je devais trouver un moyen de prouver que je ne faisais pas rien, enfermée sept jours sur sept dans mon studio du centre-ville. (Cet enfer sur terre.)

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Écrit des trucs. (Fantastique et fantasy.)

Premier roman gothique sur le feu.

Mange trop de bonbons.

Team pilou-pilou.

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